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Festival Téni- tédji : Jude Zounmènou annonce les couleurs de la 7ème édition

Au cours d’un entretien exclusif qu’il a accordé à dekartcom, Jude Zounmènou, délégué général du festival Téni- tédji a révélé les coulisses de la 7ème édition de son événement. Plusieurs innovations dont un atelier photo occupera ladite édition.

Dekartcom : L’édition 2016 du festival international des arts de la marionnette, plus connu sous le nom de « Teni Tedji » démarre le 30 novembre prochain. A quel niveau êtes- vous pour les préparatifs ?
Jude Zounmènou : Pour l’heure, les préparatifs vont bon train. Les invitations sont envoyées aux compagnies et autres invités du festival. Les premiers invités sont même déjà arrivés. Il s’agit de la compagnie Nord-Ouest Théâtre de la France qui vient d’abord pour recréer un spectacle intitulé Antigone avec la comédienne béninoise Gisèle Adandedjan. Ce travail se tient actuellement à Porto-Novo et ensuite ils iront à Grand-Popo pour finir la création et jouer dans des établissements scolaires à Grand-Popo, Ouidah et Kilibo, avant de finir sur le festival TENI-TEDJI, à partir du 30 Novembre. C’est un projet associé au festival que nous avons mis en place avec cette compagnie française.

Je peux donc dire, que nous sommes prêts à accueillir nos invités. En tout cas, en ce qui concerne le chronogramme que nous suivons, nous ne sommes pas en retard. Nous ne mettons que les dernières touches avant l’événement.

Combien de compagnies étrangères attendez- vous pour cette édition ?
En plus du Bénin, les compagnies étrangères sont au nombre de huit et nous viennent de la Côte d’Ivoire, du Burkina-Faso, du Togo, de la République Démocratique du Congo, de la Belgique et enfin de la France qui cette année vient avec trois compagnies.

Au total, combien de spectacles de marionnettes seront présentés par ces compagnies ?
Il faut que je précise que TENI-TEDJI n’est pas seulement un festival de marionnette mais aussi des arts de la rue en général. En ce sens, nous avons programmé une trentaine de spectacles tant de marionnette que d’arts de rue.

Tout ceci dans la ville de Porto-Novo ?
Non, cette année, en dehors de Porto-Novo, Cotonou et Grand-Popo sont prévus pour accueillir des spectacles dans le cadre du festival.

En dehors des spectacles que vous proposez, quelles sont les autres activités majeures qui meubleront cette édition ?
En dehors des spectacles qui, je le rappelle, sont éclatés sur plusieurs sites dont des établissements scolaires, il y aura aussi un atelier de photo encadré par le photographe Louis Agbo et des lectures spectacles qui seront faites par de jeunes comédiens amateurs de Porto-Novo et la compagnie Tabouret de la France. Il y aura également une exposition d’œuvres par des artistes et artisans au village du festival installé à la Bibliothèque Nationale à Porto-Novo.

Parlez – nous de l’atelier
Oui, cet atelier est une des grandes innovations de cette 7è édition. Il est vrai que ce n’est pas la première fois que nous profitions du festival pour renforcer les capacités des jeunes dans tel ou tel domaine mais généralement, on ne sortait pas du cadre des arts de la marionnette.

Pour en revenir à l’atelier de photo, comme je l’ai dit plus haut, il sera animé par Louis Vidjanagni Oké-Agbo, photographe professionnel depuis bientôt quinze ans et qui se spécialise dans la photographie d’art. Le but de cet atelier est de réunir 5 photographes de la ville de Porto-Novo et les initier à la photographie artistique. Ce projet est motivé par le constat selon lequel les studios photos grouillent dans la ville mais rares sont ceux qui réussissent les photos d’art. Pendant deux semaines, les stagiaires seront encadrés qui leur donnera les rudiments de la photo d’art. Ensuite, ils s’exerceront en prenant des photos pendant le festival. Ces photos feront l’objet d’une exposition.

L’autre innovation de cette édition est bien sûr, et j’en parlais aussi, les lectures publiques avec des Lycéens dans le cadre du jumelage entre la ville de Joigny (France) et la ville de Kilibo (Bénin). A cet effet, un atelier de lecture spectacle est prévu avec la Compagnie LE TABOURET de Joigny et des lycéens de Kilibo les 7 et 8 Décembre. Mais avant cet atelier, des séances de lectures spectacle sont prévues avec des lycéens de Porto-Novo, encadrées par la délégation de la Compagnie LE TABOURET.

Nous avons constaté en 2015 qu’au niveau du village du festival, outre les spectacles de marionnettes dans les institutions et centres culturels retenus, vous avez instauré tous les soirs des concerts de musiques. Pourquoi une telle chose ?
Depuis la première édition du Festival, nous avons toujours voulu associer la musique au festival puisque la musique est un pan des arts de la rue. C’est ce que nous essayons de faire en proposant des concerts au village du festival.

Est- ce à dire que les populations ne s’intéressent pas aux marionnettes et il faut de la musique pour les motiver?
Non, pas du tout. Nous proposons un festival des arts de rue avec une attention aux marionnettes mais la musique y a toute sa place. Après, si cela permet aux populations de venir sur le site du festival et de suivre des spectacles de marionnettes, pourquoi pas. Mais, je vous fais remarquer que les concerts et animations au village du festival sont programmés les soirs, après les spectacles. Ce n’est donc pas une politique pour attirer. De toutes les façons, comme je l’ai dit, la musique fait partie intégrante des arts de la rue et donc de ce festival.

Puisque votre événement est un festival thématique axé sur les marionnettes, ne pensez- vous qu’il faille respecter strictement celle ligne pour habituer les populations aux arts de la marionnette ?
J’ai clarifié ces concepts tantôt. Et je le précise. TENI-TEDJI se veut être un festival de promotion des arts de la marionnette en particulier et des arts de rue en général. En d’autres termes, nous donnons priorité aux arts de la marionnette mais nous offrons aussi des tribunes pour toutes les autres formes d’arts de rue. Ce n’est pas seulement la musique, nous avons parlé de théâtre, de clowns, etc. Nous ne sommes pas fermés même si notre objectif principal reste le développement des arts de la marionnette.

Parlant de concert, l’année dernière, la chanteuse Zeynab Abib était la tête d’affiche, en ce qui concerne les concerts et effectivement, elle a joué et véritablement égayé le public. Vous en êtes fier d’ailleurs. Dites- nous, pour cette année, l’artiste- chanteur attendu et le jour de son concert.
Oui, c’était une fierté pour nous d’avoir programmé Zeynab qui était très attendue à Porto-Novo. Mais ce n’était pas la première fois. Nous avions déjà programmé John Arcadius, qui n’est plus à présenter. Nous essayons à chaque édition et selon nos moyens de proposer des artistes de renom ou pas aux populations.

Pour cette année, nous sommes toujours en négociation pour trouver les artistes qui vont attirer du monde car nous avons fait l’option de ne pas focaliser sur un seul artiste. Les discussions sont toujours en cours mais je puis vous dire que ce concert aura lieu le samedi 3 décembre et que nous l’organisons, cette année, avec l’association Partenari’Arts et Culture Bénin. Nous nous organisons donc pour qu’une fois encore, le concert de clôture du festival TENI-TEDJI reste dans les mémoires de ceux qui feront le déplacement.

Monsieur le délégué général, veuillez nous présenter Téni- Tédji en quelques chiffres depuis sa création
Le festival TENI-TEDJI de sa 1ère édition en 2010 à cette 7ème édition, c’est 41 pays, 66 compagnies, plus de 164 représentations pour environs 40.000 spectateurs. 

Réalisation : Dekartcom.net – Esckil AGBO