« Qui ne l’est pas ? » à Djougou pour sa Première

(De g. à dr.) Tante Loulou, Fêmi et Maxwell, un dragueur de Fêmi ©Bénincultures

(De g. à dr.) Tante Loulou, Fêmi et Maxwell, un dragueur de Fêmi ©Bénincultures

En prélude au festival « TENI TEDJI, les 72 heures de la marionnette au Bénin » qui se tiendra du 16 au 19 mai prochain, une tournée nationale de spectacle de marionnettes a été entamée par l’Association THAKAMOU culture Art ce mardi 25 Mai 2012 à Djougou. Inspirée de « Je suis handicapée » de Patrice NOUKPO, la pièce « Qui ne l’est pas ?» ramène sous les feux du projecteur une des couches les plus marginalisées de la société humaine : les handicapés. Financée par le Programme Société Civile et Culture (PSCC) de l’Union Européenne, cette tournée couvrira six villes du Bénin à travers sept spectacles. 

Belle et intelligente. Après une formation en Secrétariat de Direction à l’université, elle sort majore de sa promotion. Jusqu’à 32 ans, le curriculum vitae professionnel de Fêmi, tout comme son corps, demeure vierge. A-t-elle tort d’être belle et majore de sa promotion ? Est-elle dans un milieu où le chômage est si absolu ? Non. Car les annonces de recrutement sont pléthoriques.

Pourtant elle a toujours déposé son dossier pour toute annonce dont elle remplit le profil ! N’a-t-elle d’ailleurs pas convaincu un Directeur à la simple lecture de son dossier ? Les hommes, comme les étoiles dans un ciel un soir d’hiver, contemplaient et admiraient Fêmi. « Partout où elle passe, les hommes sont fascinés par son visage et sa poitrine… ».

Fêmi, non seulement, était belle, mais avait aussi « une poitrine engagée et dégagée ». Sauf que cette beauté était maculée de son handicap du pied droit qui ne peut mouvoir sans l’aide d’une béquille. Furieuse, elle l’a été tout le temps, avec ses jérémiades dans lesquelles ses parents sont les responsables de son handicap.

Handicapée aussi, sa cousine, la fille de sa tante Loulou cachée par sa mère parce que bossue. Mais il y a surtout « monsieur le Directeur-recruteur », qui ne prononce pas deux syllabes sans bégayer. Pourtant, il remarque le handicap de Fêmi et la disqualifie à l’entretien.

Fêmi, trouvera t- elle, enfin, un travail et un mari dans une société où la marginalisation des personnes handicapées est banalisée? La petite bossue sera-t-elle un jour libérée de sa prison ? Dans un castelet ayant cinq toiles de fond différentes, les marionnettistes, six au total, ont tenu en haleine le public pendant exactement soixante minutes.

Car, depuis leur monde, ces êtres sans vie mais animés pour nous rapprocher d’une réalité de notre vie de tous les jours, entretenaient aussi les centaines de spectateurs sur des histoires drôles, d’amour et de désolation. Autorités comme élèves du 2ème Collège d’Enseignement Général de Djougou (CEG2) n’ont pu contenir leur joie et leur satisfaction d’avoir accueilli ce spectacle.

Après le 20/20 d’un professeur de Mathématiques dudit collège, c’est à M. Alassane ILIASSOU, le Directeur, d’attribuer la note 21/20 à l’équipe de comédiens conduite par les responsables de l’Association THAKAMOU Culture Art dirigée par Jude ZOUNMENOU. Il n’a pas manqué de relever la réussite de la mise assurées par la Togolaise Vicky TSIKPLONOU, sous la supervision de Cheik A. KOTONDI du Niger.

A l’ouverture de la représentation, le Directeur de l’Association THAKAMOU Culture Art, coordonnateur du projet et délégué général du festival TENI-TEDJI, Jude ZOUNMENOU n’a pas manqué de préciser que cette tournée se tient dans le cadre de la troisième édition du festival « TENI TEDJI, les 72 heures de la marionnette au Bénin » prévue du 16 au 19 mai prochain.

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